Geneviève Roubaud

Publications

1992-2011

Par l’éclair venu des abîmes de la chair et frappant de plein fouet la gueule des visages, Geneviève Roubaud, passeuse d’âme, dit les élans piégés des racines de la vie. Formidable terrienne, elle impose un art barbare exultant de sauvage santé, au poids immense de terre nouvelle et de magma à peine apprivoisé.

Un amour indifférencié et absolu traverse cette oeuvre « chargée », une naïveté stupéfiée, un étonnement sans limites,
où l’art prend la place des douleurs.


Christian Noorbergen

Geneviève Roubaud ou les incandescences de l’art

Sur fond de magma profond et fluctuant, insondable et sans assise, se détachent les toujours-là, les incréés fabuleux de Geneviève Roubaud, ses inhabitants durs et terribles. Création déchirante, quand la peinture, toujours habitée du dedans, en bête de proie infinie et crûment sexuée de mort-vie, s’empare à vif de notre univers. L’humain universel et pluriel est son territoire de création. Sauvée du désastre de la passivité et bousculée d’altérité, elle capte les énergies qui désossent les attendus de l’art. De fabuleuse et saine morale, Geneviève Roubaud, artiste rare et intransigeante, agit et ne cesse d’agir en créant. Sous la féerie couvent les énergies, et si chaque œuvre apaise les blessures, et chaque œuvre est aussi une tourmente. Singulière et fine magicienne, l’artiste est une prodigieuse animiste contemporaine, avide, effarée, ironique, cruelle, jamais lasse des grandes nourritures du présent. Art incantatoire, de pure et d’intempestive présence, aux intacts effets de percussion.

La puissante création de cette artiste éloignée des évidences est rituel d’apparition, contre toutes les disparitions. Elle assène, par face à face implacable, la dure singularité du ressenti archaïque. Dans son immédiateté brutale, dans sa physiologie de l’impact visuel, elle s’arrache aux pesanteurs esthétiques, comme la vie entière de son œuvre, fusionnée aux cruautés, s’arrache aux pesanteurs vitales. Elle creuse la peinture comme on creuserait la tombe d’un dieu, pour s’en échapper totalement, et pour dire enfin la vie possible, elle qui fut vingt ans infirmière en hôpital… Geneviève Roubaud s’appareille à l’invisible envoûté qui la porte et qui la hante, qui l’attend et qui l’appelle. Elle bouillonne d’étrangeté. Elle n’est guère prisonnière du poids des repères qui enserrent et des codes qui rassurent. Elle navigue dans le salutaire no man’s land du hors-sens.

Publications

1993

Sept. Déc. 93 Artshop : un insert

2000

Mai 2000 : « Les cahiers du Rayon Vert », n° 6 spécial Geneviève Roubaud

2003

Fin 2003 in CDROM Art Singulier d’Art Tension

2007

Janvier 2007 Une page dans “La Bible de l’art singulier” éditions “le livre d’art” collection Artension pour publication de toute L’oeuvre peinture, écriture, astrologie, Monographie GR éditions “le livre d’art” texte de Christian Noorbergen

2010

Sept 2010 Création de 2 Pages personnelles dans « LA Bible de la Figuration » (lelivredart)

Juin 2010 Présentation de 3 « Bible de l’art singulier » peintes en couverture originale au Salon « Métamorphosées » à la Halle Saint-Pierre,Paris

Août 2010 Salon du livre à Kercabellec

« Geneviève Roubaud a quelques chose à dire. Et cela depuis longtemps, depuis la petite enfance. Ceux qui la connaissent le savent. Nombreux, famille, amis, collègues sont ceux qui ont bénéficié de ses lumières, de la justesse de sa vision de l’âme humaine.

Depuis une dizaine d’années, ayant atteint l’âge de la maturité, au sortir d’une tunnel de vie intérieure faisant suite à une jeunesse de dévouement comme infirmière, elle sait qu’elle doit toucher le plus grand nombre.

Comment ?

Par l’écriture, oui. Geneviève Roubaud écrit des choses de l’intérieur de l’être, des choses poétiques, des choses d’une mystique toute moderne dépouillée d’accointances avec les religions, des choses très originales mélangeant le réel et d’aujourd’hui, des lieux et des hommes avec un imaginaire transposé des « histoires saintes » de l’humanité et de ses légendes. Plusieurs livres attendent chez « l’éditeur ». Mais elle continue d’écrire…

Et puis Geneviève Roubaud s’est mise à peindre, comme elle écrit, sur les sujets qui la hantent, avec force, avec une immense poésie : une gestuelle permettant une vision rapprochée de l’homme émergeant à son devenir.

Avec sa peinture, elle a trouvé tout de suite le chemin d’accès à quantité de cœurs en quête de leur propre intériorité. Chez elle, il y  toujours le souci d’interpeller.

La toile peinte est support à un dialogue répété, bien que muet le plus souvent, avec ceux qui verront. Au service de ceci : les thèmes, les titres donnés à ses tableaux et parfois les textes poétiques en parallèle (souvent graphiquement manuscrits au verso de la toile).

Au service de cela : une plastique originale qui ne s’encombre pas de détails futiles »décoratifs ». On n’est pas sans penser aux Nabis. La palette est toujours vive, jamais criarde, jamais vulgaire. Les formes, les couleurs font appel à des harmonies nouvelles, courageuses et approvoisées. Peu de relief, peu de perspectives, comme pour ne pas disperser l’attention et mieux susciter la compréhension de ce qui est exprimé par les attitudes des personnages, la composition du tableau, l’utilisation d’objets familiers, antiques ou symboliques.

Ecrire, dessiner, peindre ont chez Geneviève Roubaud des actes inspirés du dedans. Elle ne saurait imiter un artiste – bien que d’aucuns aient pu comparer ses peintures à celles de Chagall ‘ encore moins le copier, ni même reproduire telle une photo, un paysage, un visage. Pas de séries chez elles.

Du nouveau, toujours du nouveau. Pas d’école non plus. L’imaginaire créatif semble illimité.

 

Peut-être veut elle nous aider à mieux cerner la provenance, la signification et l’ampleur de nos souffrances d’hommes, afin de juguler un jour…

Peut être les visiteurs de l’exposition de juin 1995 à Gréoux (berceau d’origine du peintre) seront-ils mieux que d’autres aptes à entendre le message délivré par des rappels historiques (les camps de concentration, les interdits modernes, la leçon de « St Sebastien », le Rwanda, Jeanne d’Arc à la bataille… ) et aussi par les phénomènes de la maladie, de la malformation, de l’exclusion, de la folie, de la mort…afin de faire de tout ce panorama un tremplin d’évolution personnelle à « l’écoute du livre de vie ». »

Gaud Le Guillou