Geneviève Roubaud

Biographie

1946-2024

Qui est l'artiste Geneviève Roubaud ?

Geneviève Roubaud naît le 10 juillet 1946 à Vichy, troisième d’une fratrie composée de Michèle (1943), Jean-François (1944) et Catherine, la cadette.
Son père, Henri Roubaud, est rédacteur au ministère de l’Intérieur, et sa mère, Paulette Chanaud, incarne une présence attentive et discrète. Dès l’enfance, Geneviève manifeste une curiosité vive, un goût pour la réflexion et un sens profond de l’observation du monde, qui nourriront plus tard sa démarche artistique et spirituelle.

Après des études générales, elle obtient un baccalauréat scientifique et poursuit sa formation à l’école d’infirmière. Diplômée, elle s’engage dans une carrière à la fois médicale et missionnaire, guidée par un idéal de service et de rencontre.

En 1969, Geneviève séjourne au Dahomey, où elle fait une rencontre décisive : Gaud Le Guillou, alors religieuse bénédictine. Issue d’un ordre particulièrement strict, Gaud voit sa vie bouleversée par cette rencontre. Geneviève et elle choisissent de quitter les cadres imposés pour inventer une vie commune fondée sur la liberté, la recherche spirituelle et la création.

Tout au long des années 1970, le couple voyage et explore : Réunion, Turquie, Grèce, Espagne, Provence, Bretagne, ou encore les Alpes. En 1979, Geneviève écrit ses premiers textes pour enfants, dont Malalilila, un petit livre artisanal réalisé pour une proche. L’écriture devient un premier terrain d’expression personnelle et poétique.

Les années 1980 marquent un tournant. Après une carrière d’infirmière, elle exerça pendant vingt ans à l’hôpital Saint-Joseph, notamment dans les services d’ophtalmologie, de cancérologie et de soins palliatifs, Geneviève choisit en 1985 une “retraite volontaire”, qu’elle décrira plus tard comme une “fracture de carrière”. Elle s’éloigne du soin médical pour entrer dans un temps de lecture, de silence et d’exploration intérieure. C’est dans ce vide fécond que naît sa seconde vocation : la peinture. En 1990, elle réalise ses premières œuvres picturales, et en octobre 1991, son premier tableau numéroté, Mémoire du Coran. Très vite, sa création devient foisonnante — plus de 150 œuvres en quelques mois.

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atelier de peinture de Genevieve Roubaud
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atelier de sculptures et peinture de l'artiste Genevieve Roubaud

À partir de 1992, elle expose à Paris (Galerie Perrine Masselin, Grand Palais, Salon d’Automne, Salon des Artistes Français), puis dans toute la France : Cannes, La Ciotat, Gréoux-les-Bains, Nantes, et bien d’autres. Son travail trouve un écho particulier dans le mouvement de l’art singulier. Elle rejoint la Collection Cérès Franco, dont elle devient donatrice, et participe à de nombreuses expositions collectives.

En parallèle, elle poursuit une écriture dense et exigeante : poèmes, récits, textes critiques, explorant les liens entre symbole, langage et spiritualité.
En 2000, Geneviève fonde à Nantes l’association Lois’Art, en partenariat avec l’ADAPEI, pour promouvoir l’intégration des personnes en situation de handicap à travers la pratique artistique. Ce projet témoigne de son engagement humain et de sa conviction que l’art relie et répare.

Les années 2000 confirment sa place d’artiste à part : elle multiplie les expositions, les publications et les collaborations. En 2007, elle édite sa monographie avec le critique d’art Christian Noorbergen, De l’art thaumaturge, aux éditions Le Livre d’Art. La même année, un site internet est créé pour présenter l’ensemble de son œuvre — peinture, écriture et réflexions.

Sur le plan personnel, après plus de quarante ans de vie commune, Geneviève et Gaud officialisent leur union par un PACS en 2011.
Mais l’année suivante, en mai 2012, Gaud décède. Ce deuil immense marque profondément Geneviève, qui fait don d’une partie de ses œuvres à la Collection Cérès Franco, comme un geste de transmission et d’hommage.

Malgré la douleur, elle continue d’écrire et d’exposer. En 2013, elle participe encore à plusieurs événements artistiques (Narbonne, Paris, Nantes). En décembre, elle perd sa mère, une nouvelle épreuve qu’elle traverse, comme toujours, par la création et l’écriture.

Tout au long de sa vie, Geneviève Roubaud aura cherché à unir le visible et l’invisible, l’art et la pensée, la matière et le sens. Son œuvre, à la fois poétique et symbolique, témoigne d’une quête inlassable : comprendre le monde en le peignant, en l’écrivant, et en l’aimant.